Reportage: Les inrockuptibles

Agée de 25 ans, cette ancienne captive de l’EI vit aujourd’hui dans le camp de Sardashti, où elle ne reçoit aucun soutien psychologique

En août 2014, près de 3 550 yézidies ont été kidnappées dans le nord de l’Irak par l’organisation ÉTAT ISLAMIQUE pour servir d’esclaves sexuelles. Quatre ans après, alors que la guerre est officiellement terminée, il reste plus de 1 500 femmes en captivité. Et, dans la tête des survivantes, les souvenirs pèsent de plus en plus lourds.

texte Laurène Daycard photo Sebastian Castelier pour Les Inrockuptibles

16.08.2018 Les Inrockuptibles

HALIMA* A ÉTÉ ADMISE À L’HÔPITAL PSYCHIATRIQUE AZADI DE DOHUK IL Y A CINQ JOURS. Depuis, cette jeune femme passe ses journées recroquevillée sous une couverture. Elle est gelée. La climatisation peine pourtant à dompter la canicule qui sévit. Nous sommes au nord-est de l’Irak, dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, près de la frontière turque. Halima est une ancienne captive de l’organisation Etat islamique (EI). A 21 ans, elle revient de l’enfer. Pendant trois ans et cinq mois, elle a été réduite à l’état d’esclave sexuelle du califat, qui s’étendait à cheval entre l’Irak et la Syrie sur un territoire aussi vaste que la Grande-Bretagne. C’est une survivante, mais depuis sa libération en janvier, elle a sombré dans la dépression, refuse de s’alimenter et ne peut plus dormir. “Dès que je ferme les paupières, je vois Daech qui vient m’étrangler”, lâche-t-elle, les yeux écarquillés.

Halima est yézidie, elle appartient à cette minorité religieuse qui puise une partie de ses croyances dans le zoroastrisme. Pour Daech, ce sont des kouffars, des infidèles. Le 3 août 2014, lorsque les jihadistes ont pris d’assaut sa région natale, le Sinjar, zone rurale du nord-ouest de l’Irak, elle n’avait que 17 ans. C’était une jeune épouse, qui venait de s’installer avec sa belle-famille. L’arrivée des rebelles sunnites n’a pas vraiment été une surprise. Mossoul, la seconde plus grande ville du pays, à 120 kilomètres de la ville de Sinjar, était tombée le 10 juin. Mais qui aurait pu prédire qu’une telle barbarie allait se déchaîner ?

DÉTENUE DANS UN BORDEL DE L’ÉTAT ISLAMIQUE

Le village de la mariée est touché avant celui de ses parents. Elle prenson téléphone pour les prévenir : “Prenez la fuite, ils nous massacrent !” Les soldats viennent de Syrie, de Mossoul, mais il y a aussi des sunnites du Sinjar. La veille, ces tortionnaires étaient de simples voisins. Les peshmergas, combattants kurdes

irakiens, qui contrôlaient cette région depuis la chute de Saddam Hussein, ont, d’après les témoignages, déserté. Encore aujourd’hui, ce départ est un mystère. Reste l’expression “courir comme un peshmerga”, que les yézidis utilisent pour décrire cyniquement tout individu prenant ses jambes à son cou. Certains hommes yézidis s’emparèrent des armes pour organiser leur propre défense. Ils seront parmi les premiers tués. Quelque 3 100 personnes périssent suite aux exécutions, ou à cause de la soif et de la chaleur pour ceux qui réussissent à s’échapper. Ceux qui se convertissent ont la vie sauve, durant quelques mois. Vers avril 2015, leurs dépouilles rejoignent celles des autres – les hommes et les femmes âgées – dans les fosses communes. Dedans, il y a sûrement celle du mari d’Halima.

Comme 3 547 autres femmes de sa confession, Halima a été raflée lors de ces attaques. Ce fut le “butin de guerre” des soldats. Une “récompense” qu’ils revendirent ensuite à d’autres membres de Daech, posant les jalons d’un marché aux esclaves sexuelles. 2869 hommes furent kidnappés. Parmi eux, des petits garçons entraînés dans des camps à manier les armes pour devenir des “lionceaux du califat”. La jeune détenue est déportée vers Raqqa, “capitale” syrienne de l’EI, pour être séquestrée un mois dans un bordel de l’Etat islamique. “J’étais dans une petite pièce, sans fenêtre, ni lumière. Huit hommes venaient tous les jours. J’étais droguée, par injection ou avec des pilules. J’entendais d’autres femmes hurler dans le bâtiment.”

Dès les premières libérations, des témoignages comme celui-ci ont été relayés par des reporters de tous les pays, y compris francophones. Le parcours de ces victimes a ému la presse internationale, jusqu’à faire du vécu de ces femmes l’un des aspects les plus médiatiques des atrocités de l’idéologie jihadiste. En 2016, l’ONU a reconnu un “génocide en cours”. La même année, Laurence Rossignol, alors ministre française des Droits des femmes, dénonce, à la tribune de la Commission

de la condition de la femme des Nations unies, le “féminicide” perpétré à l’encontre de cette minorité confessionnelle. Quatre ans plus tard, les yézidis sont retombés dans l’angle mort de l’actualité. Dans la tête des survivantes, les souvenirs pèsent pourtant de plus en plus lourd.

Dans le camp pour personnes déplacées Bersive 1, à Zakho, dans le nord de l’Irak

LES ENFANTS NÉS EN CAPTIVITÉ, L’ULTIME TABOU

A l’hôpital psychiatrique de Dohuk, Halima s’extirpe péniblement de son lit. Elle a rendez-vous avec le psychothérapeute Burhan Aldeen MohamedTahir. Le praticien, formé à l’université de Chypre, sort d’un sachet en plastique un long ruban, quelques cailloux, des fleurs en tissu, plusieurs bouts de bois et des bougies. Chaque objet va symboliser les étapes les plus marquantes de la vie de la jeune femme. Au fil de la séance, elle pose des fleurs sur son enfance. Une bougie pour son mariage. Puis, trois pierres, pour chaque année passée sous le joug des islamistes. Elle ajoute aussi plusieurs morceaux de bois. “Les décapitations”, souffle-t-elle. Pour sa libération, elle pose un autre caillou. Il y a deux ans, elle a accouché d’un enfant après avoir été mariée de force à un Tchétchène. C’est un secret qu’elle ne peut confier à personne en dehors de l’hôpital. Son bébé aurait été emmené en Tchétchénie peu avant la chute de Raqqa, lors du repli des combattants vers leurs pays d’origine. “Mon fils me manque”, répète-t-elle, l’air hagard. “Si sa famille l’apprend, elle a peur d’être tuée”, commente le thérapeute.

Dans un univers aussi conservateur que celui des yézidis, toute femme ayant des rapports sexuels avec un étranger, même sous la contrainte, est exclue de la communauté. Le risque de crime d’honneur est prégnant. En 2007, c’est ce qui est arrivé à Dua Khalil Aswad, lapidée en public parce qu’elle aurait noué une relation avec un musulman. La vidéo du meurtre a été partagée sur internet et reste depuis gravée dans tous les esprits.

Pour prévenir tout risque, le chef spirituel des yézidis, Baba Sheikh, a stipulé dès septembre 2014 que les revenantes sont les bienvenues dans la communauté. Des cérémonies de baptême sont ainsi orchestrées pour laver leur honneur, à Lalesh, le lieu saint de ce peuple, près de Dohuk. Mais rien de tel n’existe pour les enfants nés des unions forcées, ultime tabou.

Chaque semaine, “on hospitalise une à deux survivantes après qu’elles aient tenté de se suicider”, observe le directeur de l’hôpital, Adnan AssadTahiri. Les matins de permanence, d’autres consultent pour se faire prescrire des somnifères. C’est le cas de Sara*, 28 ans, qui attenddebout avec Aziza, sa fille de 10 ans à la longue natte brune. Elles sont originaires du village de Kocho, l’un des épicentres du massacre. La petite allait à l’école coranique, où elle était battue par ses professeurs. Sa mère évoque la détresse qui la consume de l’intérieur. “Quand on était séquestrées, ma fille et moi étions obsédées par l’idée de nous libérer. Maintenant, je pense à tous mes proches qui sont restés là-bas et j’imagine les conditions terribles dans lesquelles ils se trouvent. Sans médicaments, je ne peux dormir sans faire de cauchemars.”

Fondée par Sinan Khaddaj, un ancien de Médecins sans frontières, l’ONG française Women andHealth Alliance International (WAHA) soutient ce service. Cette structure alloue notamment une compensation financière à l’équipe médicale. Comme pour tous les employés du secteur public, les salaires ont été amputés. Autrefois florissante, l’économie du Kurdistan irakien – qui se rêvait alors en mini-Dubaï – est en crise à cause du conflit. Les besoins sont pourtant croissants parce que les traumas se réveillent à retardement. Le docteur Adnan AssadTahiri développe : “Dans les semaines suivant leur libération, les femmes sont très occupées à s’adapter à leur nouvel environnement quotidien, avec des examens médicaux, etc. Au bout d’un certain temps, elles comprennent enfin qu’elles ne retourneront jamais dans leurs maisons.

LE SINJAR RESTE UN CHAMP DE RUINES

Le berceau natal des yézidis, le Sinjar, reste un no man’s landde ruines, parfois toujours minées. D’après les données de l’ONG Yazda, environ 400 000 d’entre eux y vivaient avant les massacres. Seuls 50 000 y seraient revenus. En août 2014, pour fuir l’avancée des jihadistes, des centaines de milliers de yézidis gravissent le mont Sinjar, lors d’un exode de plusieurs jours sous une température frôlant les 50 °C. Certains campent toujours dans la montagne, dans un bidonville baptisé “Sardashti” et à la merci de tous types de maladies. L’aide humanitaire peine à y arriver tant la zone est instable géopolitiquement. Le Sinjar est une région que se disputent les peshmergas et les forces irakiennes. En octobre 2017, Bagdaden a repris le contrôle, aidé des milices chiites des Hashdal-Chaabi.

Une grande partie des survivants est passée au Kurdistan irakien et résident près de Dohuk. Sur une carte, cela forme une constellation de la misère. Dix-sept camps sont cernés de grillage. A la lisière de la frontière turque, Bersive I – 9 000 occupants – est l’un des plus anciens, érigé dès novembre 2014 dans un paysage lunaire. Des affiches signalant les dangers des piqûres de scorpion et de serpent accueillent les visiteurs. Le chef du camp, Dler Ahmed, s’excuse, comme s’il y était pour quelque chose : “Bersive I a été construit dans l’idée que ça n’allait pas durer plus de six mois.” Ici, l’urgence est devenue permanente. Les tentes sont usées, comme les esprits. Il y fait tellement chaudqu’il n’y a rien d’autre à faire que de dormir pour laisser les jours filer. Comme dans une petite ville, l’allée principale est bordée d’échoppes façonnées avec les moyens du bord. Il y a quelques épiceries, un coiffeur, et même une paillote-billardpour animer les soirées.

Dler Ahmeddéplore le départ de nombreuses ONG ces derniers mois. D’après ce responsable, la reprise totale de Mossoul, en juillet 2017, a créé un appel d’air. Dans l’humanitaire, les fonds sont limités et les zones de crise se font concurrence. L’organisme qui pilotait le nettoyage des sanitaires a déserté. “C’est un problème parce que nous avons en moyenne une latrine pour 17 personnes”, indique le manager. Qandil, une ONG suédoise implantée au Kurdistan depuis les années 1990, est toujours là. Elle a installé un centre pour donner des cours d’anglais, de couture et propose des activités récréatives. Climatisé. C’est un point non négligeable quandon vit dans la fournaise. Ses équipes ont constaté qu’une “épidémie de sommeil” se répandchez les femmes du camp. Les humanitaires nous conduisent en voiture vers les profondeurs de Bersive I pour nous faire rencontrer l’une de ces mystérieuses malades.

UN TRAUMA COLLECTIF

Aptesam Jamal Khalaf, jeune femme de 23 ans à la chevelure brune recouverte d’un léger voile bleu ciel, nous invite à prendre place sur les matelas bordant son intérieur. Une télévision diffuse une fiction de Bollywood dans un coin.

Un frigo et quelques ustensiles de cuisine sont accrochés de l’autre côté. Aptesam vit là avec son mari, Jamal, 22 ans, et Malika, leur petite fille de 2 ans. Comme il est de coutume chez les yézidis, même quandon n’a rien, des jus de fruits et des verres d’eau sont offerts aux invités. Son mari expose la situation. Sa femme s’évanouit de manière inexpliquée, parfois pendant une heure. Le reste du temps, elle souffre de violents maux de tête. Ils sont allés consulter au poste de soins primaires du camp. “Je dois aller voir un psychologue”, explique Aptesam. Jamal, qui a fait des études d’infirmier, réplique : “Elle n’en a pas besoin. On s’occupe bien d’elle.”

Tous les deux ont pu fuir à temps les jihadistes en passant par la montagne. Mais ils n’en sont pas pour autant sortis indemnes. “J’ai vu l’EI de mes yeux. Ils ont tiré sur notre voiture quand on est partis”, se remémore Aptesam d’une petite voix terrifiée. Elle parle peu mais le désarroi transparaît derrière son regard. Quandon la questionne, on comprendque ses migraines ont démarré lorsqu’elle a appris la mort de sa meilleure amie, Jillian, alors qu’elle était otage. “Elle s’est suicidée”, regrette-t-elle. Le ventilateur s’arrête. L’électricité ne fonctionne que neuf heures par jour. Aussitôt, la température grimpe en flèche. Aptesam éponge de son voile la sueur qui perle sur son visage. “Je n’attends rien pour le futur. On a peur que le génocide ne recommence.”

“NOTRE GÉNOCIDE CONTINUE”

Le Premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, a proclamé le 9 décembre 2017 la victoire contre l’EI. Il reste néanmoins quelques poches contrôlées par le groupe terroriste en Irak et en Syrie. Au-delà, Daech est une idéologie qui peut frapper à tout moment. Sous cette appellation, ou une autre. Alors, quandon écoute les yézidis, revient cette obsession : partir. En Australie. Au Canada. En Allemagne. Dans le Caucase. Au moins 90 000 ont déjà pu franchir les frontières depuis l’exode d’août 2014. “Sans justice, les yézidis vont quitter ce pays, comme cela a été le cas d’autres minorités”, s’alarme la doctoresse Nagham Nawzat Hasan. Dans le monde des survivantes, le nom de cette gynécologue résonne comme un sésame. Cette quadragénaire a reçu en consultation Halima, Sara, et 1 200 autres revenantes. Elle aussi est yézidie. Elle aussi est une déplacée du conflit, domiciliée jusqu’à l’avènement du califat dans la ville de Bashiqa, près de Mossoul. Elle s’est désormais installée dans un nouveau quartier de tours érigées aux alentours de Dohuk.

Son petit-frère nous ouvre la porte. Il vit ici aussi. “Pour protéger sa soeur”, explique-t-il. Le docteur Nawzat Hasan reçoit parfois des menaces. “Je me consacre entièrement aux victimes, lance cette grande dame brune à l’allure stricte. Mes grands-parents me parlaient des génocides que notre peuple a traversés (aux XVIIIe et XIXe siècles, sous l’empire Ottoman, il y a eu de nombreuses persécutions et conversions forcées – ndlr). Mais je n’aurais jamais cru que cela pourrait arriver au XXIe siècle.” Sur les 6 417 disparus, 1 155 femmes restent en captivité,

avec 1 817 enfants et 640 hommes. A la fin de l’entretien, la gynécologue insiste : “Notre génocide continue. Et les victimes reviennent de plus en plus fatiguées.”

“J’AI ESSAYÉ DE ME SUICIDER PLUSIEURS FOIS”

L’une des dernières patientes reçues en consultation s’appelle Samira*. Cette jeune femme de 27 ans triture nerveusement son téléphone lorsqu’elle parle. C’est un portable recouvert d’une coque rose. La couleur dénote avec le reste de sa tenue, sombre. Comme son récit. Il y a un mois encore, elle était détenue dans la région d’Albu Kamal, en Syrie. Alors que Samira est encore en état de choc, certains détails de l’horreur fusent, des souvenirs de viols collectifs et de multiples autres sévices. “J’ai essayé de me suicider plusieurs fois, en buvant du pétrole et en essayant de m’immoler”, confie-t-elle dans un soupir d’épuisement. La clé de sa libération, ce fut un numéro qu’elle connaissait par coeur. Celui de Jamal, son petit frère, l’un des rares survivants de sa famille. “Si tu ne me tues pas, je reviens”, lui a-t-elle dit au téléphone. Ses geôliers lui avaient répété que sa famille la lapiderait si elle parvenait à les rejoindre. Jamal a fait affaire avec un passeur – un intermédiaire avec le groupe Etat islamique –

La gynécologue Nagham Nawzat Hasan, réfugiée yézidie, prend en charge des survivantes

“Mes grands-parents me parlaient des génocides que notre peuple a traversés. Mais je n’aurais jamais cru que cela pourrait arriver au XXIe siècle”

NAGHAM NAWZAT HASAN, GYNÉCOLOGUE

pour monnayer la liberté de son aînée. Le prix : 10 500 dollars. Jamal s’est endetté auprès de son entourage. En cette matinée de juillet, il est en visite avec Samira au “bureau des kidnappés” pour en demander le remboursement. Cette entité administrative perchée sur les hauteurs de Dohuk gère depuis novembre 2014 les sauvetages ou, tout du moins, se charge de défrayer les familles qui ont négocié d’elles-mêmes le montant des rançons.

“Quand il y a le diable, il y a le business du diable”, livre d’un ton grave le directeur, Hussain Al-Qaidy. L’officiel est assis derrière son imposant bureau, face à un portrait de MassoudBarzani. Depuis les administrations jusque sur les panneaux le long des routes, des effigies de l’ancien président du gouvernement régional du Kurdistan sont affichées partout. “Il n’y a pas de contact direct avec l’Etat islamique car il faut passer en moyenne par dix interlocuteurs pour mener à bien une libération”, assure-t-il. Il suffit d’échanger avec les principales concernées pour savoir que le business n’est pas aussi étanche que ce qu’il promet. Rencontrée en janvier sous sa tente du mont Sinjar, Hadil Naif Aziz, 25 ans, rescapée de Syrie, racontait par exemple que son ravisseur jihadiste était content de percevoir l’argent de sa libération – 3 000 dollars. “Cela lui a permis de payer sa propre fuite avant la chute de Raqqa.”

De retour à l’hôpital psychiatrique de Dohuk, Halima termine sa “ligne de vie” en séance de psychothérapie. “Vous allez beaucoup mieux”, la félicite avec douceur le docteur Burhan Aldeen MohamedTahir. Demain, elle quittera l’hôpital pour retourner vivre dans la tente qu’elle partage avec ses parents. Tout au bout du ruban, il y a des noeuds. C’est le futur qu’elle doit se tracer. Halima y pose une fleur en tissu. L’espoir de jours meilleurs. En attendant, elle retourne se cacher sous sa couverture.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des témoins

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