A Dohuk au nord de l’Irak, les réfugiés syriens et les personnes déplacées par les combats dans les Monts Sinjar et à Tall Afar souffrent de nombreux troubles psychiques liés aux traumatismes qu’ils ont subis. Parmi eux, les enfants et les femmes sont particulièrement touchés et nécessitent une attention spécifique.
Les enfants recrutés par l’Etat Islamique qui ont subi des lavages de cerveau doivent être identifiés et soignés en urgence pour favoriser leur réintégration dans la société. A défaut d’une prise en charge rapide, une génération entière risque d’être handicapée et de souffrir de complications liées aux traumatismes et au syndrome de stress post-traumatique.
De nombreuses femmes ont quant à elles subi des violences sexuelles et des violences basées sur le genre mais ne sont pas suivies en raison de la peur des représailles ou des préjugés négatifs associés aux soins de santé mentale. Dans tout le nord de l’Irak, nos équipes ont rencontré des femmes relâchées par l’Etat Islamique qui étaient rejetées et maltraitées par leurs proches, incapables d’accepter les violences qu’elles avaient endurées aux mains du groupe armé.
Présents à Dohuk depuis 2016 pour fournir des soins de santé primaire et reproductive aux personnes déplacées, WAHA élargit à présent sa collaboration avec le département local de la santé en offrant des soins psychologiques et psychiatriques spécialisés. Notre action vise à répondre en premier lieu aux besoins des enfants et des femmes. Pour ce faire, nous soutenons l’hôpital Azadi et le centre de Santé Mentale pour les Enfants et Adolescents de Dohuk, qui doivent faire face à des cas de plus en plus nombreux avec des moyens humains et financiers limités.


Ayant effectué des travaux de rénovation dans les deux bâtiments, nous avons recruté du personnel médical et paramédical et l’avons formé à la prise en charge des personnes traumatisées ou souffrant de stress post-traumatique. Nous avons également renforcé les protocoles pour l’identification et la prise en charge des survivants de violences basées sur le genre.
Dans nos consultations multidisciplinaires, les patients reçoivent des soins adaptés au degré de gravité de leurs besoins. Il existe trois options : le suivi en soins ambulatoires, la prise en charge dans le cadre d’un hôpital de jour qui permet de maintenir la relation avec la famille et d’impliquer les proches dans la thérapie, et, pour les cas les plus aigus et les plus graves, l’hospitalisation à court terme.
Etant la seule ONG internationale à offrir des soins spécialisés de ce type, nous avons un travail important à faire pour briser les tabous qui entourent la santé mentale et convaincre la population qu’il est urgent d’identifier et de prendre en charge les personnes souffrant de troubles mentaux. Pour ce faire et pour fournir des premiers soins, nous déployons deux unités mobiles dans les camps autour de Dohuk, avec des psychothérapeutes, des psychiatres et des travailleurs sociaux parlant les langues locales.
Enfin, nous portons une attention particulière à la santé mentale de notre staff qui ont, pour certains, également subi ou été témoins d’évènements traumatisants. Nous assurons qu’ils reçoivent une aide appropriée, notamment lors de sessions collectives de soutien psychologique.

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